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Portrait d’une épouse trompée

Femme blessée001La femme blessée

***

Caroline Pascal

Plon, 256 p., 19 €

Elle incarne la vieille France, lui l’ambition politique. Ils sont mariés depuis vingt ans et forment ce couple idéal faisant mine de petit-déjeuner en double page des magazines avec des sourires qui ne sont pas du petit matin. Peu à peu, cette vie sur papier glacé va très banalement tourner au vinaigre. Élevée pour être une épouse et une mère parfaites, Victoire est pourtant invitée à laisser la place. Son éducation, ses sentiments, les lois de son milieu le lui permettront-ils ? Le temps d’une crise, toute l’histoire du couple, son passé comme son avenir, peu à peu se dévoile.

Victoire de Clervie, épouse Mornas, découvre la liaison de son mari, Henry. Celui-ci est l’objet de tractations mielleuses faites dans les coulisses du milieu politique. Sa tête est jeté sur le billard, le bonhomme est soudain promu nouveau chouchou et valeur montante, avec poste à l’Élysée à la clef, surtout s’il se débrouille bien. On mise gros, on le jette dans les bras d’une très belle femme qui travaille dans la communication, on a tous les dés en main. La victoire est assurée. Or, ladite Victoire, de son prénom, épouse malheureuse car délaissée, a découvert le pot-aux-roses et ne digère pas la trahison. Il lui faut cependant se taire, ranger son amertume dans un placard fermé à double tour, et faire profil bas, au nom de son appartenance à cette petite noblesse qui serre les fesses et les dents, qui accepte sans sourciller la tromperie en pensant au devoir, aux enfants et au sacrifice. Point barre. Néanmoins, il semblerait qu’un souffle de révolte agite les pensées de Victoire. Va-t-elle réellement faire preuve de dissidence ?

On retrouve dans ce roman cette ambiance à la Chabrol, pincée en apparence, tout à fait grinçante une fois le couvert débarrassé. Un roman sage et sans réel cynisme, qui se lit sans déplaisir.

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